En dépit d'un niveau d'activité amoindri par la crise en 2009, Gruau offre des perspectives séduisantes pour les investisseurs. Le groupe familial mayennais, spécialisé dans la transformation de véhicules utilitaires, vient de lever 17,2 millions d'euros en fonds propres et quasi-fonds propres, dont 9,7 millions d'euros émanant du Fonds stratégique d'investissement (FSI) et 7,5 millions d'euros d'investisseurs dont Ouest Croissance, Nextstage, Océan Participations et Volney. Il est signalé sans précisions que Patrick Gruau et sa famille, représentant la cinquième génération à la tête de l'entreprise, demeurent majoritaires.
Cet apport financier vise en premier lieu à soutenir la croissance de Gruau dans le véhicule utilitaire électrique. Le gouvernement a promis fin 2009 de soutenir ce créneau par les appels d'offres publics et parapublics pour 50.000 véhicules électriques, volume pouvant être doublé à l'horizon 2015. « Nous voulons être dans l'électrique ce que nous sommes déjà dans la transformation d'utilitaires, expliquait récemment Patrick Gruau. La part de l'électrique dans l'utilitaire sera importante, notamment sous l'impulsion des maires, qui vont les imposer dans les centres-villes pour les derniers kilomètres, dans la messagerie, le frigorifique ou le transport de personnes. Et les constructeurs ne pourront pas tout faire. »
Un marché atomisé en Europe
Gruau peut ainsi saisir les occasions de croissance externe sur ce marché de l'électrique, jugé très atomisé au plan européen. « Nous avons plusieurs dossiers à l'étude », indique la direction du groupe. Gruau affiche déjà des références dans le domaine avec son Microbus électrique, dont la commercialisation va démarrer dès le second semestre 2010. Ce véhicule urbain surbaissé, développé en joint-venture avec Bolloré, qui fournit les batteries, vise de 200 à 250 ventes par an. Une autre étape a été atteinte en octobre 2009 avec l'obtention, via la société italienne Micro-Vett, de l'électrification de toute la gamme des véhicules utilitaires Fiat, en exclusivité pour le marché français. C'est là un relais de croissance privilégié pour le groupe, qui a vu son activité reculer de 24 % à 130 millions d'euros en 2009.
Le nombre de véhicules transformés tombant à 33.000, contre 45.000 l'année d'avant. Gruau, qui emploie 1.000 salariés sur 10 usines, a dû recourir au chômage partiel et réduire ses effectifs de 10 % sans licenciements. Un regain de croissance, à 140 millions d'euros de chiffre d'affaires est attendu cette année. (Les Echos 2/02/10). |