L'Etat offre un complément d'assurance-crédit public pour les PME exportatrices sur les risques que les opérateurs ne souhaitent plus couvrir. CAP Export et CAP+ Export seront distribués jusqu'au 31 décembre 2010 par tous les assureurs-crédit. Il y avait déjà CAP (complément d'assurance-crédit public) et CAP+ pour le marché français. Il y a désormais CAP Export et CAP+ Export, leurs versions pour l'export. Le gouvernement a officiellement lancé hier ce nouveau dispositif de garantie publique d'assurance-crédit, qui avait reçu le feu vert de la Commission européenne la semaine dernière (lire également nos informations page 3). Destiné aux PME et aux établissements de taille intermédiaires situés en France et qui réalisent moins de 1,5 milliard d'euros de chiffres d'affaires, il sera distribué par tous les assureurs-crédits (Atradius, Coface, Euler Hermes SFAC, Groupama). L'entreprise pourra bénéficier de CAP Export lorsque son assureur-crédit lui notifiera une réduction de couverture sur un de ses acheteurs étrangers. Le complément de garantie offert par l'Etat sera alors au maximum égal à celui accordé par l'assureur-crédit. Quant à CAP+, il jouera en cas de refus de couverture sur un acheteur dont la probabilité de défaut à un an est comprise entre 2 % et 6 %. Son montant est plafonné à 400 millions d'euros, dans la limite de 3 fois les fonds propres de l'acheteur. Au total, le gouvernement prévoit une enveloppe de garantie de 1 milliard d'euros. Alors que ces produits sont disponibles depuis le 8 octobre, les assureurs-crédit ont déjà conclu leurs premiers contrats. « Ce matin, nous en avons signé 30 pour 3 millions d'euros d'encours », annonçait ainsi hier Michel Mollard, le président du directoire d'Euler Hermes SFAC, lors d'une conférence de presse à Bercy. Ses quelque 2.800 clients déjà équipés de CAP et CAP+ bénéficieront automatiquement du dispositif CAP Export. De son côté, la Coface, qui assure 7.800 exportateurs, reçoit 70 demandes par jour depuis jeudi dernier. « Au premier semestre, notre ratio sinistres à primes le plus défavorable concernait les exportateurs français, avec 2 euros de sinistres pour 1 euro de prime, indiquait hier Jérôme Cazes, son directeur général. Mais il est hors de question pour nous de profiter de ce dispositif pour mettre la pédale douce sur l'accompagnement des entreprises à l'export », a-t-il déclaré. Comme l'a précisé hier Christine Lagarde, CAP Export est un « produit à vie déterminée », le dispositif devant prendre fin le 31 décembre 2010. La ministre de l'Economie a par ailleurs annoncé l'extension de CAP et CAP+ jusqu'à la fin 2010. Bercy s'est félicité hier du « succès » de ces dispositifs, qui ont couvert jusqu'à présent 939 millions d'euros d'encours pour plus de 38.000 dossiers. Les encours de CAP+ (lancé en mai) sont désormais supérieurs à ceux de CAP (opérationnel depuis décembre 2008). (Les Echos 14/10/09). |