Source : (Les Echos 12/06/09).
France Industries, une structure montée par une quinzaine de personnes physiques, propose de reprendre à terme 782 salariés sur 1.074. Son offre est en concurrence avec celle de Bernard Krief Consulting.
Le tribunal de commerce de Niort, qui statuera le 2 juillet sur le sort de l'équipementier automobile Heuliez, aura finalement le choix entre au moins deux offres de reprise. Après Bernard Krief Consulting (« Les Echos » d'hier), un deuxième candidat inattendu, France Industries, vient en effet de déposer un dossier auprès de l'administrateur judiciaire Régis Valliot.
Son offre paraît socialement plus intéressante. Alors que Bernard Krief Consulting se dit prêt à reprendre environ 500 salariés sur les 1.074 que compte actuellement Heuliez, France Industries pourrait sauver à terme 782 salariés.
Projets de voiture électrique
Dans l'immédiat, France Industries estime cependant ne pas avoir besoin de tout ce personnel. Dans un premier temps, environ 400 personnes seraient placées en formation. Surtout, la candidature de France Industries souffre du fait que cette entité était jusqu'à présent inconnue. « Nous sommes discrètement, mais totalement dans la bataille », assure son nouveau président, Pierre Charvin, nommé à ce poste spécifiquement pour s'occuper d'Heuliez. Selon cet ingénieur de cinquante-quatre ans passé notamment chez Alstom, Valeo, Veolia et Capgemini, France Industries est une structure créée il y a quelques années par 14 personnes physiques. Des hauts fonctionnaires, des industriels, des dirigeants d'entreprise, tous convaincus qu'il n'y a pas de fatalité au déclin de l'industrie tricolore ni aux délocalisations. Dans le cas d'Heuliez, ils estiment possible de faire repartir l'entreprise, en s'appuyant en particulier sur ses projets de voiture électrique. A Cerizay (Deux-Sèvres), les salariés, eux, restent inquiets. « Nous avons besoin de beaucoup d'éclaircissements sur les deux candidats et leurs offres », indique Claude Point, délégué CFDT. Dans tous les cas, un plan social est inéluctable.
L'ampleur des suppressions de postes pourrait être connue la semaine prochaine. |