Source : (Les Echos 5/11/07). Des syndicalistes qui racontent des tentatives de corruption dans la métallurgie, des députés de l'opposition qui réclament une commission d'enquête, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui attend « avec impatience que la justice parle »... L'affaire de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a pris une nouvelle dimension durant la semaine de la Toussaint. Ce matin, Laurence Parisot réunit le bureau du Medef, l'occasion de faire le point sur la réforme statutaire qui sera présentée au conseil exécutif de lundi prochain. A l'avenir, toutes les composantes de l'organisation, les fédérations professionnelles comme les Medef territoriaux, devront publier des comptes certifiés. Pour autant, cette obligation ne sera inscrite dans le marbre qu'à la fin du printemps 2008 par l'assemblée générale. Et les intéressés auront environ deux ans pour s'y conformer. Dans le réseau patronal, certains aimeraient des changements plus rapides. Et surtout plus radicaux.
« Respect de l'éthique »
Aujourd'hui, c'est la question, jusqu'alors taboue, de l'existence même de l'UIMM, qui est posée. Car l'organisation présidée par Denis Gautier-Sauvagnac est unique en son genre. Elle traite tous les dossiers sociaux de ses fédérations (l'automobile, l'aéronautique, la mécanique...), lesquelles se cantonnent aux sujets économiques. Dans les autres branches, comme le BTP, la banque ou la grande distribution, les fédérations couvrent tout le champ économique et social. « La dissolution de l'UIMM et de sa filiale, la CGPME, est inéluctable », affirme un hiérarque du Medef. « Tout ce qui permettra de simplifier cette représentation et de la rendre plus cohérente sera le bienvenu », estime plus modérément Régis Bello, président de De Dietrich et adhérent du Medef Alsace, pour qui « les entreprises demandent le respect de la réglementation et de l'éthique dans l'utilisation de leurs cotisations ».
Autre revendication du terrain : accroître le poids des Medef territoriaux dans les instances nationales. Actuellement, sur les douze membres du bureau, seul Hugues-Arnaud Mayer les représente. Au conseil exécutif, ils occupent à peine un tiers des sièges. Or, comme le souligne Patrick Martin, président du Medef Rhône-Alpes, « l'organisation territoriale du Medef est au plus près du terrain et des préoccupations des dirigeants de PME ». Sauf que les Medef territoriaux manquent de moyens et sont souvent portés à bout de bras par... l'UIMM. |